Aujourd'hui, c'est notre deuxième jour à Kanazawa. Après un petit-déjeuner somptueux et copieux, on part visiter le marché couvert puis les anciens quartiers de la ville avant de nous diriger vers le port de pêche.

 

Balade touristique à Kanazawa

Le marché Ohmicho ichiba 近江長市場 se situe juste en face de notre hôtel et il y a plus de touristes que de clients mais les vendeurs nous laissent prendre en photo leurs stands au contraire de Kyoto. Cela ne les gène absolument pas mais je demande quand même l'autorisation avant de le faire.

Le marché Ohmicho ichiba 近江長市場 © Aventure Japon 2016

Avec Amour, on s'ébahit sur la taille des huitres qui est impressionnante et j'en profite pour lui montrer les fameuses racines de wasabi 山葵.

Racines de wasabi 山葵 sur le marché © Aventure Japon 2016

Puis on part à la découverte d'un des anciens quartiers, où habitaient les soldats du domaine de Kaga 加賀藩 du clan Maeda 前田氏, le Nagamachi Buke Yashiki ato 長町武家屋敷跡 en longeant le canal Kuratsuki 鞍月用水 de la ville. On marche au hasard sans se soucier le moins du monde de l'endroit où l'on est. On fait la rencontre d'un propriétaire d'une Peugeot 307 Break (!) qui nous donne un plan de sa ville. Je crois bien que les habitants de Kanazawa sont tout simplement les Japonais les plus cools que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent.

Les canaux de Kanazawa © Aventure Japon 2016

On visite les maisons des ashigaru 足軽, les "pieds légers" avant de retourner tranquillement à la gare.

On y retrouve l'office du tourisme car on veut se renseigner sur les bus qui pourraient nous amener au port de Kanazawa. Là, un vent de panique se met soudainement à souffler. Il aura fallu pas moins de trois personnes pour nous renseigner. On nous donne les horaires et le numéro du bus pour s'y rendre. Pour le retour, ils nous disent de voir sur place. Là, j'aurais dû me méfier mais on n'avait pas trop le temps si on voulait attraper notre bus.

A partir de cet instant, on ne verra plus un seul touriste pendant un long moment...

 

Balade dans le port de l'inconnu...

Il faut une bonne demi-heure pour rejoindre le port de pêche de Kanazawa. Lorsque l'on descend -nous ne sommes plus que trois dans le bus, nous deux y compris- je demande au chauffeur où se trouve l'arrêt pour attraper celui du retour car je n'en vois pas qui aille dans l'autre sens. Il m'explique grosso modo où il faut aller.

Les bateaux de pêche typiques du Japon © Aventure Japon 2016

On part en direction de la mer que l'on atteint rapidement. On continue la visite vers un temple qui débouche sur une artère principale.

Le temple Ôno Hiyoshi 大野日吉神社 près du port de Kanazawa © Aventure Japon 2016

Là, on repère un arrêt de bus sauf que ce n'est pas le même numéro qu'à l'aller et il n'y a aucune information qui pourrait m'aider en dehors de noms de lieux que je ne connais pas. J'avise un kôban mais il a l'air désert.

J'essaye de réfléchir mais Amour prend la direction des opérations. J'aurais dû me méfier car je sais très bien qu'Amour et GPS, cela fait deux. Résultat, on se retrouve dans des petites allées, fort mignonnes, mais où aucun bus (aucune voiture) ne circule et je sais très bien que ce n'est pas bon. Amour continue d'avancer, convaincu que l'on va dans la bonne direction. Seulement, mon intuition me dit que l'on ne va pas au bon endroit et elle se trompe rarement.

On est perdus ! En rouge, le parcours d'Amour, en vert, le mien... © Google et Aventure Japon 2016

Normalement, si on était rentrés à pied à la gare, il nous aurait fallu une bonne heure, voire même une heure et demie. Cela fait désormais trois quart-d'heures que l'on marche et l'on n'a toujours pas rejoint de grandes artères. Je prends la carte de la ville et je demande à Amour où l'on se trouve. Je ne sais pas où il voulait aller mais on était en train de tangenter dangereusement la direction qu'il aurait fallu prendre. Heureusement, ne me fiant qu'à mon instinct, je retrouve la bonne route, celle qui va à la gare. Mais on a encore au moins plus d'une demi-heure de marche pour la rejoindre et l'orage est en train d'arriver. Par miracle, on découvre un arrêt de bus. Le prochain doit arriver d'ici un quart-d'heure donc je décide de l'attendre : j'en ai marre de marcher, j'ai mal aux pieds et j'ai faim. Heureusement, il y a un combini juste à côté : je prends une boisson et une glace anmitsu あんみつ le temps de patienter pour le bus. Je papote avec la dame du combini qui n'a pas l'habitude de croiser des étrangers. Elle se rend compte que je traduis ce qu'elle dit à Amour et me demande s'il parle japonais. La réponse fuse : zettai wakarimasen 絶対分かりません (il ne comprend rien du tout) et elle éclate de rire !

On prend notre bus, on descend à la gare (en fait, on aurait pu rester à bord car il s'arrêtait juste devant notre hôtel mais cela, on ne le savait pas puisque l'on ne connaissait pas les noms des arrêts et qu'il n'y avait aucun plan). On rejoint l'hôtel alors que les premières gouttes se font sentir. On rentre juste à temps.

 

Nihongo ga dekimasu ka ? 日本語が出来ますか。

Le soir, c'est un véritable déluge qui tombe à l'extérieur. On décide d'aller manger dans le restaurant que l'on avait reperé la veille mais, finalement, notre choix s'est porté sur un autre. C'était amusant car, alors que je regardais la carte du premier, un couple de Français et leur enfant se trouvait juste à côté de nous et ils m'ont entendu dire "Ouais, bof, pas terrible, l'autre est mieux" et il est fort possible qu'on les ait influencé car ils nous ont rejoint quelques minutes plus tard.

Là où on était, il y avait trois tables, la nôtre, celle d'un couple de Japonais d'une soixante d'années et la dernière où avait pris place le jeune couple. Ils se débrouillaient pas trop mal pour commander. Par contre, ils sont restés bloqués sur un mot : take no ko 竹の子, "pousses de bambou". Là, je suis intervenue discrètement et tout le monde a été soulagé. Le couple d'à côté était amusé de nous voir parler dans la même langue. La dame m'a alors demandé si on parlait français et je lui ai répondu que oui. Elle me pose alors pleins de question. J'étais crevée mais ils étaient tellement sympathiques que j'ai fait un effort. Puis ils nous quittent. D'autres étrangers arrivent (si je me souviens, c'étaient des Espagnols) et l'hôtesse leur demande s'ils parlent japonais. Aucune réponse de leur part. C'est alors que je réalise la difficulté de venir au Japon sans parler la langue, sans comprendre le moindre mot.

Je regarde Amour en me demandant s'il se rend compte de la chance qu'il a d'avoir un guide-interprète (qui fait aussi GPS) tout entièrement dévoué à son bonheur. Il me regarde avec amour et je fonds littéralement.

 

Le voyage continue à Matsumoto

Jour précédent : Kanazawa et son fabuleux jardin