Sa Majesté chez les Nippons [Épisode 63]

 

— Qui ça ? demanda l’ambassadeur.

— Monsieur Faverges, c’est l’adjoint au consul, précisa Françoise, sa secrétaire.

— Qu’est-ce qu’il me veut, celui-là ?

— Notre consul général, Monsieur Desnoyers, est en déplacement. Il a confié le dossier Tatin à Monsieur Faverges.

— Le dossier Tatin ?

— L’ancienne consule adjointe d’Osaka.

— Ah, oui, c’est vrai… Qu’il entre.

 

Faverges entra dans le bureau de l’ambassadeur.

— Je vous en prie, asseyez-vous, fit Henri-Aymard.

— Votre Excellence, voici le rapport d’investigation policière sur le décès de Madame Tatin, dit-il en tendant le rapport à son ambassadeur. Voyant que ce dernier ne le prenait pas, il hésita puis s’assit.

— Et alors ?

— Heu…

Il prit le dossier et commença à le lire.

— Apparemment, elle est morte écrasée par le train de 21 heures 56. Selon les éléments de l’enquête, il ne fait aucun doute qu’elle était fin soûle puisque des témoins l’ont vu chanter à tue-tête puis tituber sur les rails. Elle est tombée juste avant qu’un train n’arrive. Personne n’a eu le temps de faire quoi que ce soit. Voilà.

— Pourquoi y a-t-il eu une enquête de police si c’est un accident ?

— Heu…

Faverges se mit à relire le document à la recherche d’une réponse à donner à l’ambassadeur.

— Ah, oui ! Il est dit ici qu’ils avaient fait une enquête afin de s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un suicide.

— Il n’y a donc pas eu de suspicion de crime ou de délit ? Pas de bagarre ? demanda Henri-Aymard.

— Apparemment, rien de tout cela, fit le consul adjoint tout en parcourant à nouveau le dossier. Non, pas de bagarre. Rien d’inhabituel. C’est un bête accident. Cette dame sortait apparemment d’une soirée et elle avait trop bu malheureusement.

— Malheureusement, répéta doucement l’ambassadeur. Je vous remercie.

En termes diplomatiques, cela signifiait « l’entretien est terminé ». Soulagé, Faverges se leva à toute vitesse, se dirigea vers la porte avant de se raviser et de poser le document sur le bureau de l’ambassadeur.

Henri-Aymard prit la pochette cartonnée et parcourut les différents feuillets rapidement. C’était donc un stupide accident et cela, dès le début de l’affaire. Ainsi donc, Cusseaud s’était moqué de lui. Il n’avait jamais été question d’un possible « acte criminel ». Hou là, je n’aimerais pas à la place de ce pauvre idiot ! D’autant que Madame Tatin sortait de chez lui, cette nuit-là, et il n’a rien fait pour l’en empêcher.

L’ambassadeur prit son téléphone.

— Françoise, vous seriez un ange si vous pouviez me passer notre consul d’Osaka. Et puis non, ne me le passez pas… Demandez-lui de venir à Tokyo demain matin, je peux le voir tôt dans la matinée si je me souviens bien de mon agenda. Et prévenez Edouard. Qu’il soit présent. Merci.

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